Exposition " Bug Floral"

Chères exploratrices et chers explorateurs,

Je me présente : Mathilde d’Alençon, exploratrice constamment à la recherche d’espèces animales et végétales encore inconnues de nos jours.
Après avoir fait plusieurs fois le tour du monde, mes explorations m’ont conduite dans une contrée mystérieuse, dans l’archipel de Mata Ruia.
J’y ai découvert des espèces d’insectes très similaires à celles que l’on connaît, à l’exception de leurs couleurs et…

de leur taille !
Les plus petits faisaient la grandeur de ma main et les plus grands pouvaient faire la taille d’un
bus : imaginez, par exemple, un scarabée de 5 mètres de long au bas mot et de 3,5 mètres de large !

Fig 1. Catacanthus cataclopus (cataclop cataclopa)
Vit en horde d’une douzaine d’individus. Leur taille varie en fonction de leur habitat : environ 1,5 mètre au garrot pour les Catacanthus des montagnes et 2 mètres pour les Catacanthus des prairies. D’origine très ancienne (probablement du Paléolithique), il présente des ressemblances morphologiques avec les peintures rupestres de la même région. Très gourmands, ils ont une affection toute particulière pour les carottes.

Fig 2. Coleopterus tournesolum
Ce coléoptère d’un bleu envoûtant est désespérément attiré par le soleil (à l’inverse de la Fig.1). Il passe donc ses journées à traverser l’île d’Est en Ouest (et d’Ouest en Est) en fonction de la direction du soleil.

Fig 3. Dicronocephalus diplodocus (scarabée maniaque)
Cet insecte survivant du Crétacé mesure 5 mètres de long pour 3,5 mètres de large et vit en hauteur sur les arbres coquelicots qui surplombent la partie ouest de l’île.
Il est végétarien et semble avoir une passion pour le rangement. Il passe énormément de temps à transporter différents animaux (lapins, chèvres, cerfs…) d’une prairie à une autre afin de les ranger par espèces.
Note : serait particulièrement utile dans nos fermes.

Fig 4. Coccinellidae mangus boulimitus (coccinelle gourmande)
Lointaine cousine de nos adorables coccinelles des prés, celle-ci doit sa couleur orangée à son addiction maladive aux fruits du manguier. Elle peut atteindre parfois jusqu’à 20cm et finit souvent sa vie en ressemblant à une grosse mangue mûre, ce qui est extrêmement dangereux pour les frugivores militants, qui peuvent virer carnivores sans le savoir.

Fig 5. Sundarus nospheratus (punaise vampire)
Un insecte que j’ai pu utiliser régulièrement comme réveil matin lors de mes explorations dans la jungle. En effet, cette intrigante bestiole, de la famille de nos punaises européennes, est extra-sensible aux rayons du soleil et émet une odeur pestilentielle instantanée en moindre début de rayon. En sa compagnie, réveil à l’aube assuré !

Fig 6. Eugraphicus inscripta (insecte écrivain)
De la famille des coléoptères imprimeurs. Passionnés de cryptolographie, ils firent leurs premiers pas aux côtés d’un certain Jules César, l’aidant à crypter ses messages à l’aide du désormais injustement nommé «le chiffre de César» (qui devrait être le chiffre des Eugraphicus inscripta). Ils sont également à l’origine de la technique de la substitution poly-alphabétique et de la création de machines comme la tristement connue machine de Lorenz.

Fig 7. Xanas imperatoris (libellule slowmotion)
Très attirée par les plantes aux couleurs vives, cette libellule se distingue par son extrême lenteur et sa tendance à la dépression.

Fig 8. Copycatus imposturum (insecte plagiat)
Cette bestiole aux couleurs orangées est difficile à cerner. Elle semble copier les qualités d’autres insectes plus charismatiques croisés en chemin. Ce coléoptère n’a aucune personnalité, ne cherchant que la gloire (non méritée) dans le but d’obtenir plus de pucerons que son voisin.

Fig 9. Polyphylla delirius
Très coquins, ils aiment à chatouiller les orteils des bienheureux à l’aide de leurs antennes-plumeaux. Ils sont aussi très friands de charades et de jeux de mots. Professionnels du virelangue, ils détiennent le record du monde de l’élocution («polyphylla fit frire des frites crues qui furent cuites et fruits frais furent frits.»)

Fig 10. Zammara tympanum (cigale sirène)
Lors des périodes de grosses chaleurs, cet étonnant petit insecte commence à émettre un son qui fait résonner les tympans des habitants de l’île. Cela met la plupart des animaux dans une sorte de transe, et leur donne instantanément envie d’aller se baigner.
Cet insecte est un extraordinaire exemple d’évolution darwiniste caritative ; mettant généreusement ses facultés au service du bien commun, aidant les autres animaux à réguler leur température en plein été.

Fig 11. Vulvus vagius
Beaucoup plus malin que son cousin le Penus malus, le Vulvus est un des plus extraordinaires insectes de l’île, brillant par son esprit d’analyse, ses capacités artistiques comme culinaires et la force brute de ses pattes quand il travaille aux champs.
Basiquement, il peut tout faire et est vénéré comme un être supérieur.

Fig 12. Coleopterus redbullus (scarabée incendiaire)
La couleur rouge de cet insecte hautement toxique devrait avertir ses prédateurs. Mais certains éléments de la chaîne alimentaire sont dotés d’un piètre instinct de survie et continuent de croquer les redbullus. La toxine présente dans leur sang confère à leurs prédateurs un pic énergétique de quelques secondes, suivit d’un décès par combustion.

(légendes écrites par Dïne, fameuse entomo-dessinatrice-tatoueuse)

A mon retour, n’ayant pas voulu briser le fragile écosystème qui était sur place, j’ai décidé de ne ramener aucun spécimen. Mais afin de les faire connaître du public, j’ai réuni certains de mes croquis et autres observations dessinées pour en faire une exposition.
Celle-ci étant terminée, vous retrouverez ici les illustrations présentées à ce moment-là.

Voici donc quelques spécimens que j’ai pu croiser lors de mon périple sur l’île.

J’espère qu’elles réveilleront l’explorateur qui sommeille en vous !

Mathilde d’Alençon